Vision

Une autre gestion de l'eau du bâtiment et de la parcelle

Cette page présente la vision du bureau d'études : une gestion de l'eau différente et innovante à l'échelle du bâtiment et de la parcelle, fondée sur la séparation à la source et sur des solutions décentralisées. Elle se lit en trois étapes.

Partie 1

Le constat

Le changement climatique modifie le cycle de l'eau, alors que les besoins, eux, restent les mêmes. Une partie importante de ces besoins se joue dans les bâtiments, avec les usages domestiques de l'eau.

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1.1Impact du changement climatique sur l'eau

Le château d'eau se vide. Le Béarn et le Pays basque ont longtemps vécu dans l'abondance. Mais les glaciers pyrénéens fondent, les étiages s'allongent, et en Nouvelle-Aquitaine le déficit entre besoins et ressources pourrait passer de 250 millions à 1,2 milliard de m³ par an d'ici 2050.

Lac de Gaube et vallée pyrénéenne

Il ne pleut pas moins, il pleut autrement

Dans les Pyrénées, le cumul annuel des pluies reste à peu près stable. C'est leur répartition qui change :

  • des périodes sans pluie plus longues, donc des sécheresses ;
  • des pluies plus intenses, donc des inondations.

Source : Observatoire pyrénéen du changement climatique (OPCC).

1.2Impact sur la ressource en eau

Moins d'eau disponible, surtout dans le Sud-Ouest. Sur la carte des débits des rivières à l'horizon 2050, le violet et le rouge marquent les plus fortes baisses. Le Sud-Ouest, en bas à gauche, fait partie des territoires les plus touchés.

Cartes de l'évolution des débits des rivières en France à l'horizon 2050 et de la recharge des nappes : fortes baisses dans le Sud-Ouest

Évolution des débits des rivières et de la recharge des nappes (projet Explore 2070, BRGM, 2012).

Ce que prévoient les projections

  • Précipitations estivales −16 à −23 %
  • Niveau des nappes −10 à −25 %
  • Débits annuels des rivières −10 à −40 %
  • Débits d'été −30 à −60 %
  • Humidité des sols −10 à −20 %

Les prévisions font état d'une baisse de 30 % de la ressource en eau à l'échéance 2040.

Source : étude Explore 2070, direction de l'eau et de la biodiversité, ministère de la Transition écologique.

1.3Usages de l'eau

En France, un quart de l'eau consommée sert à produire de l'eau potable. C'est sur cette part que travaille le bureau d'études : les usages domestiques de l'eau, dans les logements comme dans les bâtiments collectifs.

La consommation d'eau en France

Répartition de l'eau consommée par grand usage.

  • Usages agricoles · 58 %
  • Production d'eau potable · 26 %
  • Refroidissement des centrales électriques · 12 %
  • Usages industriels · 4 %

Source : Commissariat général au développement durable.

Les usages domestiques : environ 150 litres par jour et par personne

Une seule eau, potable, pour tous les usages de la maison. Seul 1 % est bu.

Hygiène (douche, bain)39 % · 58 L
Toilettes20 % · 30 L
Linge12 % · 18 L
Vaisselle10 % · 15 L
Cuisine6 % · 9 L
Jardin, voiture6 % · 9 L
Divers6 % · 9 L
Boisson1 % · 1,5 L

Source : Centre d'information sur l'eau.

S'y ajoutent les utilisations collectives

Écoles, hôpitaux, espaces verts, bâtiments de bureaux, hôtels et campings : ces usages relèvent eux aussi de l'eau potable, avec des leviers d'action très proches de ceux d'un logement.

1.4Déficit entre ressources et besoins

Le déficit en eau, c'est le déséquilibre entre les ressources et les besoins.

Les ressources

Elles diminuent

En quantité, avec des rivières et des nappes plus basses, et en qualité, avec les pollutions qui rendent une partie de l'eau inutilisable.

Les besoins

Ils restent élevés

Agriculture, eau potable, industrie : les usages, eux, ne baissent pas d'eux-mêmes, et culminent en été, au moment où l'eau manque.

Le résultat

Stress hydrique et restrictions

À l'été 2026, toutes les unités de distribution d'eau potable du Pays basque sont passées en alerte renforcée.

Une partie des réponses se joue à l'échelle du bâtiment et de la parcelle.

1.5Composition des eaux usées domestiques

L'eau utilisée dans un logement en ressort presque entièrement : environ 150 litres d'eaux usées par jour et par personne. Mais ces eaux sont loin d'être toutes pareilles.

D'où viennent le volume et la pollution des eaux usées ?

Part de chaque source, pour une personne et par jour.

  • Eaux grises (douche, lavabo, cuisine, lave-linge)
  • Chasse d'eau
  • Urines
  • Matières fécales
  • Papier toilette
Volume≈ 150 L
79 %20 %
Pollution organiqueDCO
50 %30 %13 %
AzoteN
11 %81 %
PhosphoreP
29 %29 %41 %

Source : ARCEAU Île-de-France, d'après les travaux du programme OCAPI. Volume de la chasse d'eau harmonisé avec la répartition des usages domestiques du Centre d'information sur l'eau (1.3).

Les eaux grises

Près de 80 % du volume, peu polluées

Elles représentent l'essentiel du volume, mais seulement la moitié de la pollution organique et très peu de nutriments.

Les urines

1 % du volume, 80 % de l'azote

Elles concentrent aussi 40 % du phosphore. Ces nutriments sont difficiles à traiter en station d'épuration.

Les matières fécales

Peu de volume, beaucoup de germes

Elles portent un tiers de la pollution organique et la quasi-totalité des germes pathogènes.

Mélanger ces flux, c'est diluer des nutriments précieux dans un grand volume d'eau peu polluée, puis dépenser de l'énergie pour les éliminer.

1.6Leviers d'action

Les plans d'action nationaux et locaux, comme les 53 mesures du Plan eau ou le plan sécheresse de la Communauté d'agglomération Pays basque, convergent vers les mêmes objectifs.

01

Prélever moins

Diminuer les prélèvements d'eau potable pour les usages domestiques.

02

Rejeter moins

Diminuer les volumes d'eaux usées et d'eaux pluviales envoyés aux réseaux.

03

Rejeter mieux

Améliorer la qualité des rejets.

04

Infiltrer

Favoriser l'infiltration dans le sol plutôt que le rejet aux cours d'eau.

Pour y répondre, le bureau d'études propose un changement de paradigme à l'échelle du bâtiment.

Partie 2

Changer de paradigme

Aujourd'hui, une seule eau, potable, sert à tout, puis repart mélangée et sans valorisation. Une gestion durable sépare les flux à la source et donne à chacun sa meilleure destination.

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2.1Du tout-tuyau à la gestion à la source

À gauche, le bâtiment tel qu'il fonctionne aujourd'hui. À droite, le même bâtiment quand chaque eau est gérée selon sa nature.

Aujourd'huiGestion conventionnelle
Gestion conventionnelle : l'eau potable alimente tous les usages, toutes les eaux usées partent mélangées sans valorisation, les eaux pluviales sont évacuées. Eau potable Cuisine Douche Lave-linge WC Rejet mélangésans valorisation Eaux pluvialesévacuées au réseau
DemainGestion durable
Gestion durable : l'eau potable réservée à la cuisine et à la douche, l'eau de pluie récupérée pour le lave-linge et l'arrosage puis infiltrée, des toilettes sèches dont les urines et matières sont valorisées, des eaux grises traitées par assainissement écologique. Arrosage Eau potable Cuisine Douche Lave-linge WC sec Eaux grisesassainissement écologique Urines → engraismatières → compost Infiltrationà la parcelle

2.2Principes du bureau d'études

01

Ne plus diluer une ressource dans de l'eau potable

Séparés à la source, nos excréments redeviennent de l'engrais au lieu d'une pollution.

02

Réduire avant de réutiliser

Refuser, réduire, puis seulement réutiliser.

03

Pas de solution unique

Des réponses adaptées au contexte, aux usages et aux attentes.

04

Le terrain d'abord

Tout commence par aller voir le terrain et le sol.

Partie 3

Les solutions techniques

Cette partie n'est ni une liste exhaustive ni un ensemble de solutions parfaites à cumuler : c'est un catalogue dans lequel piocher, selon le terrain, le projet et les attentes de chacun.

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3.1Assainissement non collectif

Traiter ses eaux usées sur place. Quand un bâtiment n'est pas raccordé au tout-à-l'égout, il traite lui-même ses eaux avant de les rendre au milieu naturel.

Eaux vannes

Les toilettes. Peu de volume, mais l'essentiel de la pollution, des nutriments et des germes.

Eaux grises

Douche, lavabo, cuisine, lave-linge. Beaucoup de volume, mais peu chargées.

Eaux mélangées

Les deux ensemble : c'est ce que traitent les filières classiques.

Filtre planté de roseaux

Les filtres plantés de roseaux

La référence de l'assainissement écologique quand le bâtiment garde des toilettes à eau. Les plantes et la vie du filtre font le travail.

  • Pas de fosse à vidanger
  • Peu de matériaux, peu ou pas d'énergie
  • De la maison jusqu'à 200 équivalents-habitants
Filtre à broyat de bois : collecte enterrée, regard d'alternance et deux tranchées alimentées une semaine sur deux

Chez une particulière : deux tranchées de broyat alimentées en alternance, une semaine sur deux.

Pas d'eaux vannes : toilettes sèches + filtre à broyat

Les matières fécales sont compostées à part. Il ne reste que des eaux grises, avec environ 5 % de l'azote d'un habitant. Un simple filtre à broyat de bois suffit.

  • Plus de boues ni de vidange
  • Rustique et économique
  • Fonctionne même sur sol argileux

Le semi-collectif (de 20 à 200 EH) : un domaine en pleine évolution

Au-delà de la maison individuelle, les petites stations d'assainissement non collectif traitent les eaux d'un hameau, d'un éco-lieu, d'un camping ou d'un refuge, jusqu'à environ 200 équivalents-habitants. À partir de 20 EH, la réglementation impose une obligation de résultats plutôt que de moyens, ce qui laisse de la place aux solutions sur mesure.

De nombreuses filières nouvelles y apparaissent. Le lombrifiltre, développé par l'association Aneco, en est un exemple : des vers de terre y dégradent la matière organique des eaux usées.

Sur le terrain
Maison individuelle · sol < 10 mm/h

Un filtre à broyat sur un sol peu perméable

2 500 €filtre à broyat
10 000 €filtre planté proposé
6 EH · sol argileux ≈ 6 mm/h

Deux ans sans colmatage ni renouvellement du broyat

< 2 000 €mis en œuvre
+ 10 000 €filière réglementaire
Éco-hameau de Bourrou (24)

Une filière écologique sur mesure pour tout un hameau

72 EHobligation de résultats
Ce que dit la réglementation
  • Les toilettes sèches sont autorisées en assainissement non collectif (arrêté du 7 septembre 2009, article 17). Il reste à traiter les eaux ménagères.
  • En dessous de 20 EH, les filières autorisées sont conçues pour des eaux usées complètes : une fosse de 3 m³ et 20 m² de filtre à sable pour des eaux qui ne produisent presque pas de boues. Le « facteur 0,5 » parfois appliqué aux toilettes sèches ne reflète pas la réalité des eaux grises.
  • Au-delà de 20 EH, on passe d'une obligation de moyens à une obligation de résultats : le bureau d'études peut concevoir une solution sur mesure, filtre planté ou filtre à broyat.
  • En dessous de 20 EH et hors expérimentation nationale, un filtre à broyat n'est pas une filière agréée : le SPANC le déclare non conforme. Cette non-conformité n'entraîne pas de pénalité. Elle relève de la responsabilité du propriétaire, qui fait ce choix en connaissance de cause. Voir le cadre réglementaire.

3.2Gestion des eaux pluviales

Et si on arrêtait d'enterrer des cuves en plastique ? Construire, c'est imperméabiliser. Il faut alors retenir un volume d'eau calculé sur une pluie de référence, et le rejeter avec un débit régulé.

Bassin enterré + débit régulé

  • Coûteux à installer
  • Durée de vie incertaine, empreinte carbone élevée
  • Dans trente ans, qui ira chercher les cagettes à deux mètres de profondeur ?
→

Des solutions fondées sur la nature

  • Noues, jardins de pluie, infiltration au pied de la gouttière
  • Espaces verts multifonctionnels
  • Recharge des nappes, fraîcheur, biodiversité
Plutôt que concentrer,on étale.
Plutôt que canaliser,on infiltre.
Plutôt que minéraliser,on végétalise.
Noue végétalisée d'infiltration le long d'un bâtiment

Des jardins de pluie plutôt que 100 m de réseaux (Bayonne, 64)

Extension de maison sur sol argileux. Au lieu de cagettes enterrées et d'un raccordement sous voirie : 40 m² de jardins de pluie en cascade, dimensionnés pour une pluie trentennale.

3 à 5 k€jardins de pluie
40 à 50 k€solution conventionnelle

Oui, il faut un peu plus de surface. Mais c'est du sol vivant, pas du béton.

3.3Toilettes sans eau

La révolution des toilettes. La chasse d'eau représente environ 20 % de l'eau potable d'un foyer. Les toilettes sans eau suppriment cet usage et rendent au sol ce qui vient du sol.

Des toilettes sèches qui ont beaucoup évolué

Elles ne se résument plus au seau à sciure. Séparation des urines, ventilation, tapis, composteurs sous plancher, colonnes de chute sur plusieurs étages : les innovations permettent aujourd'hui d'équiper une maison comme un immeuble ou un établissement recevant du public.

Du plus simpleau plus intégré au bâtiment
À l'échelle de l'assise
UnitaireSéparation,urine stockéeSéparation,urine évacuée
01Unitaire ou séparationUrines et matières ensemble, ou urine séparée à l'avant de l'assise, puis stockée ou évacuée sous le plancher.
02VentiléeUn petit extracteur aspire l'air par l'assise et le rejette au-dessus du toit : pas d'odeur dans la pièce.
03Réceptacle déporté vers l'arrièreUn tapis emmène les matières vers l'arrière, l'urine s'écoule à part. Rien n'est visible depuis l'assise.
À l'échelle du bâtiment
04Réceptacle grand volumeL'assise débouche dans un composteur ventilé sous le plancher, vidé tous les 5 à 10 ans. Les lixiviats sont drainés.
05Colonne de chute au droit de l'assiseSur plusieurs étages, chaque assise a sa colonne et son composteur, reliés à une ventilation commune.
06Colonne de chute déportée à l'arrièreUn tapis emmène les matières vers une colonne commune et un seul composteur. L'urine part à part à chaque étage.
  • Urines
  • Matières
  • Air extrait

Le principe d'une toilette sèche reliée à un composteur

Quelques règles de conception font toute la différence entre une installation sans odeur et sans entretien pénible, et une installation qui pose problème.

Coupe de principe d'une toilette sèche reliée à un composteur : conduit d'extraction au-dessus du toit, assise à chute directe, éclairage bas, porte du composteur étanche à l'air, drainage des lixiviats, composteur d'environ 1,5 m de haut et 1 m de large. ≈ 1,5 m ≈ 1 m 1 2 3 4 5 6
  1. Conduit d'extractionUn petit extracteur aspire l'air de la pièce par l'assise et le rejette au-dessus du toit. C'est ce qui supprime les odeurs.
  2. Assise à chute directeLes matières tombent droit dans le composteur, sans coude ni conduit à nettoyer.
  3. Éclairage en partie basseLa lumière de la pièce est placée bas, près du sol.
  4. Porte du composteur étanche à l'airPour que tout l'air passe par l'assise et que le tirage reste efficace.
  5. Drainage des lixiviatsLes liquides en excès sont recueillis en fond de composteur et évacués.
  6. Un composteur bien dimensionnéEnviron 1,5 m de haut et 1 m de large, pour stocker plusieurs années de matières.
« Ça sent mauvais »Bien ventilées, elles n'ont pas d'odeur.
« C'est interdit »Elles sont autorisées par l'arrêté du 7 septembre 2009.
« C'est pour la cabane au fond du jardin »Bureaux, écoles, ERP, logements : il existe des modèles pour tous.
Et quand les toilettes sèches ne sont pas adaptées ?

Dans un immeuble de plusieurs étages, par exemple, d'autres solutions existent : des toilettes à eau qui séparent l'urine dès la cuvette, ou des toilettes séparatives à faible volume d'eau associées à un recyclage, comme à Genève. L'objectif reste le même : séparer à la source et valoriser.

3.4Valorisation des urines

L'urine, un engrais local et bas carbone. L'urine concentre l'essentiel des nutriments de nos excréments, environ 80 % de l'azote et 40 % du phosphore, dans à peine 1 % du volume des eaux usées. Plutôt que de la diluer, puis de dépenser de l'énergie pour l'éliminer en station, on peut la rendre aux cultures.

Moins d'engrais de synthèse

Leur fabrication consomme beaucoup d'énergie fossile.

Des stations soulagées

Moins d'azote à traiter, moins de protoxyde d'azote émis.

Un outil pour les collectivités

Là où une station est saturée ou subit des afflux saisonniers.

Pourquoi s'y intéresser ? Le système alimentation/excrétion

Ce que l'on mange vient des champs, fertilisés en grande partie par des engrais de synthèse : l'azote gazeux de l'air (N₂) est transformé en azote réactif, utilisable par les plantes, dans des usines d'engrais très gourmandes en gaz naturel, le phosphore est extrait de mines. Ces nutriments passent dans notre alimentation, puis dans nos excréments. Dilués dans l'eau des toilettes, ils partent en station d'épuration, qui en élimine une partie sous forme de gaz ; le reste rejoint les rivières. Le circuit est linéaire, de la mine et de l'usine jusqu'à la rivière.

Système alimentation/excrétion linéaire : l'azote gazeux de l'air (N₂) est transformé en azote réactif dans une usine d'engrais grâce à de l'énergie fossile ; engrais azotés de synthèse et phosphate de mine fertilisent les cultures, qui nourrissent les humains ; les excréments partent par la chasse d'eau vers la station d'épuration, qui rejette de l'azote gazeux dans l'air et le reste des nutriments dans la rivière. En pointillé : boucler le cycle en séparant l'urine à la source pour la rendre aux champs. Air N₂, azote gazeux N₂ Usine d'engrais azotés N₂ → N réactif, utile aux plantes Phosphate extrait de mines énergie fossile N réactif P Cultures N, P Alimentation N, P Excrétion toilettes à chasse d'eau N, P Station d'épuration Air N₂ (azote gazeux) et N₂O Rivière excès d'azote et de phosphore Boucler le cycle : séparer l'urine à la source et la rendre aux champs

Faire défiler le schéma vers la droite →

Le terme de système alimentation/excrétion relie deux mondes que l'on pense d'habitude séparément : l'agriculture, qui nous nourrit, et l'assainissement, qui gère ce que nous rejetons. Il a été proposé par Fabien Esculier, chercheur au LEESU (École des Ponts), qui a étudié ce métabolisme dans sa thèse et a lancé le programme de recherche-action OCAPI (Organisation des cycles carbone, azote et phosphore dans les territoires).

Retour d'expérience : Dinan Agglomération (22)

Expérimentation de valorisation agricole des urines humaines.

Épandage agricole d'urines valorisées — opération pilote été 2026

Le festival Armor à Sons accueille 60 000 festivaliers en 3 jours : une pression ponctuelle mais forte sur les stations d'épuration du territoire. Plutôt que de traiter ces urines comme un déchet, Dinan Agglomération expérimente une filière complète, de la toilette au champ, dans un cadre réglementaire construit avec la DDTM.

Le rôle de Résilience H₂O

  • Membre de l'équipe d'assistance à maîtrise d'ouvrage.
  • Dossier réglementaire (DDTM Côtes-d'Armor) et méthode d'épandage.
  • Vérification, interprétation et discussion des analyses.
01
Toilettes séparatives

sur le site du festival

02
Stockage & hygiénisation

6 semaines en cuve hermétique

03
Transport

vers les exploitations

04
Épandage agricole

sur colza

18 m³
d'urine pure collectée
≈ 60 kg
d'azote rendu aux cultures (18 m³ × 3,5 g/L)
3,5 g/L
d'azote mesuré dans les urines stockées

Retour d'expérience : Navarrenx (64)

Collecte et valorisation des urines lors d'un tournage à Navarrenx.

Affiche pédagogique de collecte des urines — Navarrenx, été 2026

À l'occasion d'un tournage à Navarrenx, la Ville a été accompagnée dans la mise en place d'urinoirs secs pour collecter les urines des spectateurs et les valoriser en engrais agricole. Une opération grandeur nature pour tester la collecte en conditions réelles d'événement public, et faire découvrir au plus grand nombre qu'une urine peut devenir une ressource.

Le rôle de Résilience H₂O

  • Accompagnement de la Ville pour l'installation des urinoirs secs.
  • Collecte et stockage des urines pendant l'événement.
  • Orientation vers une valorisation en engrais agricole.
  • Affiche pédagogique pour expliquer la démarche au public.
“ La valorisation des urines ne demande ni haute technologie ni grande échelle : elle se déploie aussi le temps d'un week-end, en centre-bourg.

3.5Réutilisation des eaux grises et récupération de l'eau de pluie

Une fois les usages réduits, d'autres eaux peuvent remplacer l'eau potable pour tout ce qui n'a pas besoin d'être potable.

Cuves de récupération d'eau de pluie avant enfouissement
−40 %

d'eau potable avec la récupération d'eau de pluie (jusqu'à 100 % sur un site autonome) : arrosage, lave-linge, nettoyage, sanitaires.

−30 %

avec la réutilisation des eaux grises : chasses d'eau, irrigation des espaces verts, souvent par simple gravité.

Recycler les eaux grises dans le bâtiment

Les eaux de la douche et du lavabo sont récupérées, traitées et stockées dans le bâtiment, puis réutilisées pour les chasses d'eau ou l'arrosage. Selon les usages, elles remplacent environ 20 % de l'eau potable dans un logement, et 30 % dans un hôtel ou un camping.

Eau potable

douche, lavabo

→
Eaux grises brutes

récupérées en sortie de salle de bain

→
Traitement

filtration et stockage dans le bâtiment

→
Eaux grises traitées

chasses d'eau, arrosage

La réglementation vient d'évoluer (décret n° 2024-796 et arrêté du 12 juillet 2024) et ces technologies sont encore naissantes. Résilience H₂O se forme à ces nouveaux procédés pour accompagner les premiers projets.

De la recherche au terrain. Avec l'ESTIA à Bidart (projet européen SUDWAMA), Résilience H₂O instrumente un démonstrateur de récupération d'eau de pluie pour produire des données ouvertes et mieux dimensionner les ouvrages.

Lire aussi : et si on récupérait l'eau de pluie de tous les toits de France ? →

3.6Cadre réglementaire

Les principaux textes pour chaque solution, avec un lien vers Légifrance.

SolutionTextes de référenceÀ retenir
Gestion des eaux pluviales à la parcelle (infiltration) Règlements d'urbanisme locaux (PLU, PLUi), zonages pluviaux et schémas directeurs de gestion des eaux pluviales Rétention à la parcelle imposée en construction neuve et en grosse rénovation. Incitation croissante à l'infiltration plutôt qu'au rejet régulé vers le réseau public.
Récupération d'eau de pluie et réutilisation des eaux grises Usages autorisés : chasses d'eau, lavage du linge et des sols, arrosage, nettoyage extérieur, fontaines décoratives. Eaux grises : traitement obligatoire, exigences de qualité selon l'usage et déclaration en préfecture.
Assainissement non collectif et assainissement écologique L'arrêté de 2009 est mal adapté au traitement des eaux ménagères seules : le filtre à broyat n'y est pas prévu. L'expérimentation de 2023 (France Expérimentation, 5 ans, 30 sites, suivi INRAE) ouvre la voie à une reconnaissance réglementaire. Hors expérimentation, un filtre à broyat est déclaré non conforme par le SPANC, sans pénalité : c'est un choix qui relève de la responsabilité du propriétaire.
Toilettes sèches Arrêté du 7 septembre 2009, article 17 : explicitement autorisées Aucune interdiction dans les zones d'assainissement collectif. Positions favorables du gouvernement et des ARS, dans tous les types de lieux (habitat, ERP, événementiel…).
Valorisation des urines en fertilisation Réglementation agricole (plans d'épandage) : pas de cadre spécifique L'urine humaine est acceptée comme source d'azote dans les plans d'épandage. Elle reste interdite en agriculture biologique à ce jour ; une évolution est attendue.

Les liens ouvrent la version publiée au Journal officiel. Légifrance donne aussi la version en vigueur, avec ses modifications.

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ContactPaul Quantin — gérant
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